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Mini-guide de la correction

J’ai créé ce tout petit guide dans le but de livrer quelques clés et astuces pour exercer ce métier ô combien passionnant, mais aussi très exigeant. Une sorte de boussole pour naviguer plus sereinement et garder le cap – sans prétention aucune de ma part de détenir l’absolue vérité 😊 Il sera complété au gré des idées qui « poperont » dans mon cerveau. On embarque ?

1. Prêter attention à tout

Comme on (ne) dit (pas), la vilaine faute se cache dans les détails. On garde donc l’œil, et même les yeux, bien ouvert(s), car personne n’est à l’abri de ce phénomène étrange lors duquel le cerveau opère une correction automatique. Peut-être tout simplement parce qu’il ne lit pas lettre à lettre, mais le mot dans sa globalité. Et, zou, la faute passe ni vu ni connu. En correction, on ira à contre-courant en scrutant chaque détail, quitte à lire parfois une lettre après l’autre, pour traquer une coquille, un caractère disparu ou qui joue les intrus, un accord désaccordé, une liaison dangereuse… On ira également vérifier la date d’un événement, la graphie d’un nom propre, tout autant qu’on veillera à la cohérence de la mise en pages, à l’harmonisation (voir 6.), à la bonne correspondance entre chapitres/titres/pages et sommaire, à l’application des styles, à normaliser les références bibliographiques. Des « détails » qui n’en sont pas finalement ☺️


2. Ne pas s’endormir sur ses lauriers

Parce que l’on ne peut tout savoir ni tout retenir, on se repose, certes un peu sur ce que l’on sait, a appris, mais aussi – et surtout – sur les ouvrages et sites de référence. Si on doit douter de tout (voir 4.), on s’inclut dans le « tout » ! Non seulement parce qu’il est impossible d’enregistrer des pages et des pages de règles et d’exceptions, mais aussi parce que, quelquefois, on croit savoir dur comme fer que l’on sait, alors que l’on se trompe ! Quelquefois aussi, il y a cette f*$?$ règle que nos cellules grises ne veulent pas imprimer et que l’on lit et relit sans cesse. C’est ainsi, et ce n’est pas grave du tout, tant que l’on va chercher l’info (voir 4.) au bon endroit. Et parce qu’il n’y a pas de règles pour tout, les recherches se révéleront parfois (qui a dit « souvent » ?) infructueuses – et frustrantes. Il faudra alors faire des choix (voir 6.).


3. Repérer les pièges (et ne pas tomber dedans !)

C’est un peu le rôle du correcteur et de la correctrice, me direz-vous, de chercher la petite bête, mais parfois ([re]voir 2.), on peut aussi passer à côté d’une vilaine construction ou d’un terme mal employé, donc, une fois de plus (je me répète, non ? 🦜), on reste à l’affût pour repérer ce petit mot, là, en trop, une double espace ou encore une anacoluthe ; toutes les chausse-trappes qui peuvent parsemer un texte. Un autre piège : Internet, qui, s’il permet d’avoir accès à des ressources précieuses et en nombre, facilitant ainsi la recherche d’informations, peut aussi induire en erreur. Donc on se méfie (encore le doute !), on prend du recul, on croise les sources, bref, on reste prudent. On fait de même avec les correcteurs intégrés ou les logiciels de correction professionnels (même eux, oui !), qui sont incapables de tout voir – redondances, mots manquants, répétitions, incohérence, souci de ponctuation, etc. – en plus de ne pas connaître certains mots, de ne pas prendre en compte le contexte et d’être vite perdu quand la phrase est un poil complexe.


4. Se poser mille et une questions (voire plus)

En d’autres termes, on doute un peu de tout, tout le temps : un mot, une année, un nom propre, etc. On active en quelque sorte un radar, on met en alerte son intuition, on joue un peu aux détectives. L’expérience m’a appris que là où j’avais eu un doute, dont je n’avais pas tenu compte, là se cachait précisément une erreur. Sans en faire une obsession, on suit, tel un limier, son instinct, on flaire le souci, et on déterre le lièvre 🐰 Amateurs et amatrices de Columbo ou de Benoit Leblanc, à vous de jouer !


5. Lire et (se) relire (si possible), sur papier (si possible bis)

L’idéal reste quand même de pouvoir lire sur papier, moins fatigant (sauf pour le cou ?), moins lumineux (évidemment !) et plus pratique pour gribouiller les signes de correction en mode prof des écoles 🧑‍🏫 Seulement, la relecture « à l’ancienne » n’est pas toujours à l’ordre du jour, alors on redoublera de vigilance quand on lit sur écran : on opte pour la règle 1. en lisant lettre à lettre, surtout les phrases complexes, et pourquoi pas à voix haute, et on relit aussi ses commentaires (sur PDF, Word…) et ses corrections pour s’assurer que l’on n’a pas intégré une erreur (ce serait ballot !).


6. Faire des choix et les coucher sur papier (ou autre)

Au fil de la lecture, on se crée un mémo, une fiche, une charte que l’on peut consulter à loisir – je noircis les pages d’un cahier, mais si vous préférez une page volante (ne la perdez pas en cours de route !) ou un document numérique, qu’importe tant que vous trouvez une méthode avec laquelle vous êtes à l’aise. Lister ses choix se révélera très pratique quand on a plusieurs projets sur le feu (et une marche différente pour chacun d’eux) et quand on reçoit les textes par lots (ce qui est fréquent en préparation de copie, notamment). Et aussi parce qu’on peut perdre le fil et avoir besoin de se rafraîchir la mémoire. Résultat : des textes bien harmonisés, du temps de gagné, un cerveau reposé !


7. Rester indulgent et intransigeant (oui, les deux !)

Ou comment faire rimer rigueur et souplesse. La rigueur quand on éradique les fautes, la souplesse assortie de bienveillance pour respecter le style, le ton, le registre de langue du texte. Ainsi, on n’impose pas une reformulation si le texte est correct et on ne devient pas calife (comprendre l’auteur ou l’autrice) à la place du calife. Bien entendu, si on repère une répétition, une phrase un peu beaucoup alambiquée, une info erronée, on pointe le souci et on ajoute un commentaire pour suggérer, poser une question, alerter. Toute amélioration, si elle est pertinente et argumentée, sera considérée, étudiée et très certainement acceptée ✅


Le mot de la fin

Bien que ce beau métier soit souvent dévalorisé, ignoré, jugé superflu, il est indispensable pour tout texte. Une bonne correction est en quelque sorte invisible ; ce travail de l’ombre qui sublime les textes ; ce qui ne se voit pas et pourtant change tout.

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